Dans beaucoup d’entreprises, une personne consacre plusieurs heures par semaine à construire un planning : tournées de livraison, affectation d’interventions, rotation d’équipes. Elle le fait bien, souvent mieux qu’un logiciel mal réglé, parce qu’elle connaît les cent détails que personne n’a jamais écrits.
Le problème n’est donc pas la qualité du planning. C’est qu’il est impossible à refaire : quand un technicien est absent le lundi à 7 h, on répare dans l’urgence au lieu de recalculer.
Écrire les contraintes est le vrai travail
La partie difficile de ces projets n’est pas l’algorithme, qui est un problème connu depuis cinquante ans. C’est l’extraction des règles qui n’existent que dans la tête du planificateur.
Elles se répartissent en deux familles, qu’il faut absolument distinguer. Les contraintes dures ne peuvent jamais être violées : temps de conduite réglementaire, habilitation obligatoire, capacité d’un véhicule, repos entre deux services. Les préférences sont souhaitables mais négociables : ce client préfère le matin, ce technicien connaît mieux ce site, on évite de traverser la ville deux fois.
Un planning qui traite une préférence comme une contrainte dure devient infaisable dès qu’une journée est chargée. Un planning qui traite une contrainte dure comme une préférence produit des solutions illégales. La plupart des échecs viennent de ce classement mal fait.
Optimiser quoi, exactement ?
« Optimiser le planning » ne veut rien dire tant qu’on n’a pas choisi ce qu’on minimise. Les kilomètres ? Les heures payées ? Les retards ? L’équité entre les équipes ?
Ces objectifs se contredisent. Le trajet le plus court impose parfois des journées déséquilibrées ; l’équité parfaite coûte des kilomètres. Il faut donc arbitrer explicitement et l’arbitrage est une décision de direction, pas un réglage technique.
Le gain réel
Sur des tournées construites à la main depuis des années, la réduction de distance se situe généralement entre 5 et 15 % : réelle, mais moins spectaculaire que ce qui se promet. Le gain principal est ailleurs.
Il est dans la capacité à recalculer. Une absence, une commande urgente, une route coupée : ce qui prenait deux heures de réorganisation manuelle prend deux minutes. C’est cette réactivité qui change le quotidien, bien plus que les kilomètres économisés.
Ce qui est surestimé
L’optimum mathématique. Sur ces problèmes, trouver la solution parfaite peut demander des heures de calcul, tandis qu’une solution à 2 % de l’optimum s’obtient en quelques secondes. Puisque les données d’entrée elles-mêmes sont approximatives (les durées de trajet sont des estimations), cette perfection ne correspond à rien de réel.
Surestimée aussi, l’acceptation automatique : un planning calculé doit rester modifiable à la main, et le planificateur doit garder le dernier mot. Faute de quoi il reconstruira le sien en parallèle, dans un tableur.
Nous commençons par écrire vos contraintes avec vos équipes, dans notre prestation d’optimisation et planification.