La demande arrive souvent formulée comme une conclusion : « il nous faut une application ». Elle mérite d’être examinée, parce que le coût d’une application ne se situe pas là où on l’imagine.
Le coût est après, pas avant
Développer une application coûte plus cher qu’un site, c’est connu. Ce qui l’est moins, c’est que le développement initial est la partie la moins problématique.
Ensuite viennent : deux systèmes à suivre, avec leurs versions majeures annuelles ; les validations sur les magasins d’applications, avec leurs délais et leurs refus ; les comptes développeur à maintenir ; et surtout le fait qu’une correction urgente n’est pas déployable immédiatement. Il faut soumettre, attendre, puis espérer que les utilisateurs mettent à jour.
Un site se corrige en dix minutes, pour tout le monde en même temps. Cette différence pèse plus lourd, sur trois ans, que l’écart de coût initial.
Les quatre cas où l’application se justifie
1. L’usage hors connexion. Un technicien en sous-sol, un livreur en zone blanche, un inventaire en entrepôt. Le web sait faire un peu de hors-ligne, mais mal dès que l’écriture est concernée.
2. Le matériel du téléphone. Lecture de codes en rafale, Bluetooth vers un appareil, capteurs, arrière-plan permanent. Certaines de ces fonctions sont désormais accessibles au web, d’autres non, et la frontière bouge : c’est à vérifier au cas par cas plutôt qu’à supposer.
3. La notification qui doit arriver. Le web sait notifier, mais avec des limites réelles selon les systèmes. Si la notification est le cœur du service (une astreinte, une alerte), l’application reste plus sûre.
4. L’usage quotidien et long. Une application ouverte plusieurs fois par jour par les mêmes personnes rentabilise son icône sur l’écran d’accueil. Un service utilisé deux fois par an ne le rentabilisera jamais.
Ce qu’un site mobile fait déjà très bien
S’installer sur l’écran d’accueil, fonctionner en plein écran sans barre de navigateur, se souvenir d’une session, être trouvé par un moteur de recherche, s’ouvrir depuis un lien envoyé par message. Pour un service consulté occasionnellement, c’est la totalité du besoin.
Et il présente un avantage décisif au démarrage : rien à installer. Le taux de perte entre « je découvre le service » et « je l’utilise » est sans commune mesure avec celui d’un passage par un magasin d’applications.
Ce qui est surestimé
La performance native. Sur les usages courants (listes, formulaires, consultation), un site bien construit est indiscernable d’une application par l’utilisateur. L’écart se voit sur l’animation continue et le traitement d’images lourdes, deux cas rares dans un outil métier.
Surestimée aussi, la visibilité sur les magasins. Personne ne découvre une application professionnelle en parcourant un magasin : elle est installée parce qu’on a demandé de l’installer. Le magasin est un canal de distribution, pas un canal d’acquisition.
Nous instruisons ce choix avant d’écrire la moindre ligne, dans notre prestation d’application mobile.